Bienvenu sur la Planète IEFR


En 3 mots...

Rencontre

Il était une fois une rencontre... une valeur sure en terme de partenariat et d'échange.

 Partage

Tout se partage, du temps à l'argent en passant par le sourire et la joie.

Engagement

Ou quand je décide de faire avec, que je dis que je vais faire et que je le fais !

... pour toujours !



Comme un passage...

en envoyant un texte ce soir à des amis souhaitant organiser un Permakabadio 2 en décembre et qui me demandait de leur faire un petit topo de la situation actuelle je me suis amuser à taper, un peu au km et sans trop relire, le texte suivant. C'est comme une information, comme une petite chanson qui donne des nouvelles de quelqu'un que l'on connaît ou de qui l'on a entendu parlé.
Bel été et bonne lecture :)
@benj_of_kabadio (instagram)
Kabadio, village ancestral enclavé entre les terres, la route goudronnée et l'océan, vit au rythme des saisons depuis des décennies. Son forgeron, ses quartiers catholique et musulman, rythme la vie quotidienne, le travail des champs et les constructions. Bois, terre, ciment et eau sont les matières les plus utilisées par ces villageois du Fogny Diabang Counda, après la nourriture bien sur, composée principalement de riz, poissons et oignons. Je n'ai pas mangé de mil depuis près de 10 ans là-bas.
Les musulmans sont majoritaires et vivent en harmonie avec les catholiques, à l'image de ce récent rapprochement des maternités en un même lieu, le dispensaire catholique.
Les ethnies mandingue et diola sont majoritaire même si des peuls et sérrères se sont installés il y a déjà bien longtemps.
L'école se divise en plusieurs Dara Coranique et une école républicaine ou le français en est la langue officielle.
C'est plus de 200 maisons réparties dans différents quartiers aux noms des ASC (équipe de foot) qui hébergent les 4000 âmes chaque jour.
Les groupements de femmes sont une force colossale pour l'avenir de l'Homme dans ces contrées.
L'électricité est arrivée en 2007/2008 et permet depuis, l'éclairage de bon nombre de maison, mais l'arrivée du solaire à prix gambien (comprendre détaxé) est une réelle et juste concurrence.
La déforestation a été massive, notamment pour permettre les monocultures de cajoux et d'agrumes, voir pour laisser place aux grands jardins de quartiers où l'oignon pousse sous les jeunes orangers. La riziculture et les ponts-barrages offerts par les chinois dans les années 80 encroûte le sol des zones de mangrove, salinisant ainsi la terre en profondeur pour enfin exterminer les palétuviers et affecter les nappes phréatiques.
La notion d'écologie est forte du fait de ce dilemme permanent divisant un tantinet les populations au sujet de l'exploitation de Zirconium sur la dune de Niafrang, dernier rempart entre l'océan et sa montée significative (15 mètres selon mes relevés en 6 mois) et les rizières.
Les résidus de forces armées du MFDC jouent encore un rôle important vers la menace écologique du zirconium.
Enfin, les jeunes générations (20-30 ans), filles comme garçons, se cherchent au point pour beaucoup de se perdre en méditerranée ou dans les rouages machiavélique de l'esclave moderne espagnol, marocains ou libyen. Le conflit générationnel se systématise dans la plupart des famille où les jeunes filles veulent fuir vers les écoles de coiffure et les jeunes hommes devenir conducteur de djakarta (moto-taxi).
Bindoula, place de la rencontre pour la traduction en mandingue.
Nous avons, Ango, Anne et moi créé ce spot de toute main entre 2000 et 2004. L'objectif étant de pouvoir vivre à Kabadio proche du village sans pour autant être systématiquement l'invité de marque de telle ou telle famille, provoquant en plus la jalousie des autres.
Nous avons commencé par un puits, une clôture puis une case ronde de 3 chambres.
Petit à petit, le lieu s'est développé et est passé par des phases, selon les gardiens, de zion pour ganjamen ou de terrain d’expérimentation pour jardinier en herbe.
De fil en aiguille, à partir d'un terrain défriché et brûlé, nous avons planté des agrumes et des manguiers, puis, accueillit un groupement tribal de femmes agricultrices afin de soutenir leur activité maraîchère et leur fabrication de savon, dans un nouveau bâtiment.
Les échanges de séjours Nord-Sud surtout, mis à part quelques 2 ou 3 exceptions, se sont toujours déroulés selon le plan, un séjour, une préparation en France, pour un projet à la demande d'un groupe identifié de villageois, répondant à un ou plusieurs besoins locaux.
Nous en sommes arrivés à soutenir souvent les groupements de femmes sur des questions de suffisance alimentaire par le maraîchage.
Au fur et à mesure des séjours et de nos aspirations en France, nous avons pris des chemins plutôt axés vers l'agroécologie voir même plus récemment la permaculture.
Logistiquement pas mal du tout, fort de notre expérience de 20 ans d'Afrique comme on dit, nous avons pu continuer d'accueillir des groupes à thèmes, valides ou porteurs de handicaps à n'importe quelle saison de l'année et venant d'Europe mais aussi d'Amérique du Sud où la recherche d'identité africaine est forte.
Nous avons tourné sur 3 ans un grand documentaire et avons aussi produit notre reportage sur le séjour Permakabadio, primé au festival Vues d'Afrique de Montréal.
Aujourd'hui, pour des raisons éthique et humaine (la solidarité en France notamment repose uniquement sur ceux qui se lève tôt le matin...) mais aussi parce qu'une partie de la population de Kabadio, tend à se prendre en main, à refuser l'assistanat tout en acceptant l'aide utile et humaine, nous avons dissout notre association IEFR et les jeunes en questions de leur côté ont pu créer leur GIE, Bindoula.
Objectifs : vivre du lieu, permettre des échanges locaux, nationaux, continentaux, internationaux, en hébergeant, commercialisant, transportant, créant... à fond quoi !
Sur le plan permacole, Bindoula se compose désormais de 4 terrains (achats de terrains partagés par des occidentaux en soutien au projet, possible à la demande !) et d'une cuisine, de sanitaires, d'un logement de 9 lits et d'une maison pour la famille vivant sur le lieu (un couple, 2 enfants). 2 jeunes amis, par choix, vivent aussi sur le lieu et s'affairent au jardin mais aussi aux travaux en échange du gîte et du couvert. L'équipe est rodée, renforcée par une dizaine d'amiEs disponibles dès que besoin, en échange du thé, du repas et de la cigarette !
Actuellement, le terrain principal est clôturé, barbelés, filets de pêche et haies vives. Un poulailler y est construit, un abri pour l'âne et la charrette, le tout protégé par Juliette et ses chiots. Le jardin de 120m² est lui aussi clôturé naturellement et le puits de trouve à son entrée. On y trouve des buttes et des accès, un vermicomposteur tenu par 2 jeunes femmes du groupe, un espace formation (table-bancs), un mandala-garden, des plans de Artémisia annua et de nombreuses pépinières en sachets. Un cinquantaine de plans de 1 à 3 ans sont en terres (manguiers, orangers, cocotiers, moringa, cacao, bananiers...).
Le groupe a été formé lors des différents séjours, et plus récemment, en juillet, lors du dernier, formé aux propriétés du moringa, à la culture maritime et à d'autres aspects précis de la permaculture grâce à notre partenariat avec le Jardin de Kafountine ART OASIS.
Nous avons créé en décembre un séchoir solaire pour les plantes.
D'autres outils sont disponibles mais très peu en rapport aux besoins.
Les besoins justement, ce sont tout d'abord ceux d'une petite ferme naissante, des moyens, des terrains, des apports en compétences.
Côté matériel, une moto appartenant au groupe et financée par IEFR, permet de ramener chaque jour l'argent du repas, moto-taxi conduite par un membre partageant les recettes. Une aide financière grâce à notre dernière randonnée nocturne va permettre la mise en place du forage et ainsi permettre d'améliorer la gestion laborieuse des arrosages. Le petit matériel est toujours nécessaire car de provenance chinoise la qualité occasionne de nombreuses casses (arrosoirs, tuyaux...).
Il est donc nécessaire, pour chaque séjour, d'utiliser les bagages des participants pour transporter du petit matériel (système d’arrosage de qualité, petits outils de jardinages, sécateurs,...). Au retour, les participants remontent des sachets de Moringa.
Côté fonctionnement, tout semble rouler à présent et des passages réguliers d'amis de Bindoula, sénégalais ou occidentaux, permettent de réajuster de manière bienveillante si besoin. Le jardin vivrier doit permettre un apport quotidien de denrées, voir à terme, de proposer des produits au marché du village. La transformation de fruits sera là aussi un objectif à moyen terme pour commercialiser des confitures ou des chips de mangues aux hôtels, à l'export... (du transport de pots à confitures se fera régulièrement grâce aux participants). Un système de séchoir vertical pourrait être pensé pour cela dès que possible.
Côté projet purement terrain, en vue par exemple d'une autonomie financière, il va être primordial de clôturer les nouveaux terrains, d'y favoriser l'accès à l'eau pour créer des mini-forêts nourricière, à dominante peut-être de moringa. La culture de l'artémisia devra elle aussi être soutenue par des apports en compétences techniques afin de palier au manque de moyen des populations pour lutter efficacement contre les crises de paludisme. Des logements traditionnels autonomes pourront être groupés sur certaines parcelles, construites avec peu de bois et peu de ciment, ils peuvent faire l'objet de chantier participatif, intégrés aux arbres pour éviter les coupes abusives et sur-élevés pour limiter les accès aux petits animaux. Un parc tournant à animaux peut être l'objet d'un travail en commun avec gestion de l'eau et du fourrage, dans le terrain face à Bindoula pour avoir un œil sur le bétail, quelques vachettes et moutons avec Gustave l'âne. Un bassin ombragé et sur-élevé, un peu à l'écart des logements peut aussi être utilisé pour l'élevage de poissons pour la consommation quotidienne et le marché. Le vermicomposteur devra être développé, adapté au lieu grâce à une recherche et un apport de compétences.
L'art devra trouver sa place au milieu de ces nombreuses priorités mais en restant finalement un besoin vital pour le bien être de tous à l'échelle de l'humain et de la communauté. Des fresques libres, souvenirs de groupes ou rencontres, des objets arrangés, décorés, des peintures sur les sanitaires, des décorations de chambres, des instruments de musique, des échanges de chants et poèmes... que chaque participant et séjour amène son lot de bonheur à partager !

Pour vous rendre à Kabadio, contactez-nous :

Bindoula