Il Etait une Fois une Histoire...

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Avant d'être une association, Il Etait une Fois une Rencontre est une histoire.

Tout commence le jour où Benjamin, au printemps 1998, rencontre Talla DIA originaire de Dakar vivant sur Lyon le temps de ses études. Leurs échanges sur le Sénégal et l'Afrique en général, attisent la curiosité du jeune français. Ce dernier, étudiant le commerce, travaillant dans une boutique de centre commercial le soir, organisant des sorites de loisirs pour de jeunes handicapés d'un quartier, vivant en colocation depuis deux ans, se pose beaucoup de question sur sa place dans la société...

 

En juin 1998, après l'enterrement de sa grand-mère Blandine, chère à son cœur pour avoir vécu son enfance à ses côtés, Benjamin présente à son père son projet de voyage au Sénégal. L'été passe, entre préparatifs et hospitalisation due au surmenage et à une alimentation urbaine inadaptée. Le mois de septembre arrive, il est temps de partir, Benjamin achète un billet open et démissionne de son emploi de vendeur de valises en n'omettant pas d'en acheter une, jaune pétant décorée par Jon au passage.

 

Le 11 octobre 1998, une petite soirée d'adieux est organisée par ses amis et une enveloppe de 3000 francs lui est offerte ! Le départ de fait dans la nuit, valise jaune à la main et béret noir sur la tête en souvenir de son grand-père Marius.

 

L'arrivée à Dakar, aéroport Léopold Sédar Senghor, est formidable. Ibou, le grand frère de Tala est là avec son père Abdou Karim DIA. Ensemble dans Coccinelle blanche du papa ils arrivent aux HLM 6 Nimzat de Dakar où Benjamin restera 6 mois et reviendra pendant des années.

 

La vie à Dakar est facile et surprenante. De la chambre des garçons de la maison DIA, Benjamin part et rentre au rythme des lettres de recommandations qu'il transporte avec lui en direction des villages africains d'où les vieux de la famille sont originaires. Ainsi, il ira de la Mauritanie au Mali en passant par la Gambie et la Guinée, seul avec un sac et des lettres. Ainsi, léger et venant de la part d'un parent éloigné tant par la descendance que par la distance et le temps, il est accueilli chaleureusement de partout où il passe et apprend ainsi à connaître ce continent.

 

Fin 98, après avoir acheté une mobylette et lancé un élevage de poulets dans le quartier pauvre où il est hébergé, il n'a plus de visa et l'argent malgré tout commence à manquer.

 

A la recherche d'un travail il rencontre quelques businessmen blancs qui lui promettent des jobs des plus malhonnêtes... les armes, les filles et le tourisme sont ce que nous vendons le mieux en Afrique !

Un beau jour à Dakar, il obtient un rendez-vous auquel il n'ira jamais. A la sortie d'un virage, la mobylette glisse sur du sable et vient terminer sa course, lentement, dans les bras de Pô, un jeune rasta vendeur de pièces d'art africain sur un trottoir du quartier Kermel vers l'Ambassade de France.

 

La rencontre est fulgurante et durera une éternité malgré le départ trop tôt de Mister Pô (février 2008).

 

Pô propose à Benjamin de travailler avec lui en échange d'un repas le midi et d'un apprentissage rapide de l'art africain. Marché conclu, pendant 3 mois, chaque matin hormis un séjour en Mauritanie et un au Sénégal Oriental, ils installent le mur de masques et statuettes ensemble, vendent des arts au passant, et replient le soir avant de rentrer dans leurs quartiers respectifs. Une amitié forte est née.

 

Pô est de Casamance. La région attire Benjamin mais la maman de la famille refuse, en raison du conflit armé qui y sévit depuis 15 ans. Benjamin devient néanmoins le blanc du quartier sur lequel on peut compter. Beaucoup de jeunes en voyage et rencontrant quelques difficultés se retrouvent auprès de lui pour lui demander de l'aide.

 

Un beau jour, Jean-Marie se présente à Benjamin car il a rendez-vous avec un ami mais, sans téléphone portable à l'époque, ils se sont loupés. L'ami, Nicolas, arrive quelques jours plus tard et Benjamin les mets en relation. Nicolas  est très attiré par la Casamance et à quelques petits problèmes. Il passera alors du temps avec Benjamin et Pô jusqu'à son départ en Casamance. Benjamin quand à lui, la police au trousse régulièrement à cause de son visa, sans un sou en poche décide de rentrer en France.

Quelques mois passent. Benjamin raconte son séjour à son entourage et montre ses centaines de photos, tirées pour la plupart à Dakar. Il lui est difficile de faire comprendre ce que peut être la vie quotidienne mais surtout l'esprit des Africains de l'Ouest.

En juillet 1999, Nicolas de retour en France - proche de Lyon -, demande à Benjamin de lui rendre visite. Nicolas est très faible, il a été rapatrié en urgence depuis la Casmance où il a contracté un sévère paludisme. Très affecté par la fin difficile de son séjour il décide de rejoindre son amie aux Etats-Unis, en remettant à Benjamin les clés de son projet de Maison des Artistes à Kabadio...

 

Benjamin achète un billet d'avion pour le 2 octobre et pose 6 semaines de congés.

 

Arrivé à Dakar chez les DIA, il insiste pour ce rendre en Casamance . Accompagné par Pô il réussi à convaincre la famille et le voici en route pour Kabadio par la Banjul en Gambie. Trajet long en bus en pleine saison des pluies. Arrêt à Banjul puis à Serrecounda à pied, de l'eau jusqu'au genoux, ils arrivent à Kabadio de nuit et manque de louper le village : il est une heure du matin, éclairé par la lueur d'un briquet, ils avancent dans la direction montrée par le chauffeur quelques centaines de mètres plus haut - garage de Bandjikaki - et se retrouve face à une patte d'oie. Gauche ou Droite ? Gauche toujours, mais certainement grâce aux bruits d'enfants qui chantent au loin. Les pas vont surement, le village est là tout autour déjà mais l'obscurité est totale. Les chants se sont tus. Heureusement, une place de village dégagée les stoppent un instant et un jeune homme les regarde. Premier échange avec la Casamance. Face à Pô et Benjamin, se tient Papis.

 

Angrand accueillera à Bandiagara les deux étrangers venus de la part de Nicolas resté 6 mois ici. Prosper dit l'artiste les rejoindra le lendemain. De rencontres en rencontres, les premiers jours passent. Une visite sur le terrain de Nicolas qui deviendra plus tard le Bindoula d'aujourd'hui, leur permet de constater que sans moyen ils n'ont pas pu consolider le puits de Nicolas et qu'il a été recouvert par les eaux diluviennes de la dernière saison des pluies. Le projet de Prosper et Ango et la mise en place d'une maison d'artistes. Benjamin, par expérience du reste du Sénégal entre autre a vu bon nombre de projets de ce type n'amener qu'une forme de tourisme relativement néfaste pour les populations. C'est d'ailleurs le cas dans les villages du bord de l'océan plus au Sud comme Abéné et Kafountine. Benjamin rencontre alors les notables du village, les responsables d'associations et de groupements. Ensemble ils décident de fonctionner quelques temps sur un principe de demande écrite à proposer à Benjamin qu'il ramènera avec lui pour espérer agir depuis la France. Ainsi le projet de maison des artistes est repoussé à plus tard mais déjà les premières demandes de l'école et de la maternité arrivent.

 

De retour en France où déjà de nombreux amis et parents suivent les récits de Benjamin, quelques actions se mettent en place rapidement au profit de l'école. Des collectes mais aussi la vente de petits bijoux made in beaujolais et artisanats made in Sénégal permettent à un petit groupe d'amis de créer en septembre 2000, l'association Il Était une Fois une Rencontre !

 

Un programme d'échange et d'amitié est créé et très vite, après quelques échanges courriers et téléphoniques, un premier groupe part sur les traces de Benjamin : Jon un ami d'enfance, Pierre et Clarisse. Ce premier séjour sera suivi par plus d'une centaine en 10 ans. Une voix d'amitié entre deux peuples vient d'ouvrir... l'achat du terrain est validé, les actions commencent à se concrétiser et un grand principe de solidarité et d'entraide va naître, le séjour utile !

 

Après ces premiers échanges, un malaise dans la brousse a eu raison de notre guide Prosper l'Artiste - Adama Cissé. Ce rasta de brousse capable de dessiné avec du sable mais aussi de reconnaître le chant d'un oiseau annonçant la présence d'un serpent, nous a amené la lumière et une grande sérénité. Souvent nous le savons prêt de nous.

 

Nicolas quand à lui, a refait sa vie au USA malgré quelques difficultés rencontrées sur son chemin d'Homme. Nous pensons à lui, les villageois le demande encore.

 

Après cette première expérience d'échanges par recommandation (Benjamin avait remis aux trois premiers amis des lettres pour les DIA, pour Pô, pour Kabadio... afin qu'ils soient reçus comme des amis, comme des frères), Anne et Thomas suivront pour repeindre la maternité, Benjamin y retournera pour un appui didactique aux enseignants et le lancement d'élevages de poulets de quartier (tout en rencontrant des troupes du MFDC à plusieurs reprises), puis Idriss, puis Aurélie, Nathalie, Carole... et ainsi de suite jusque dans un premier temps, à 2004, année charnière.

 

Jusqu'en 2004 les liens se tissent, le village se découvre petit à petit et l'esprit qui règne sur les échanges d'amis se situe en termes de respect et de compréhension réciproque.

 

Les uns demandent de l'aide mais l'acceptent et l'accueillent. Les autres apportent de l'aide mais viennent avant tout pour eux, pour comprendre, découvrir, aimer !

 

Ainsi va naître le premier grand projet de IEFR, la savonnerie artisanale.

 

En janvier 2004, Anne rejoint par Benjamin vont tout d'abord emménager à Bindoula où le puits a été refait et où une case a été construite par Ango et les villageois pour accueillir les membres de IEFR en pleine brousse et ainsi éviter qu'une famille d'accueil soit mise en avant dans le village. Aussi, les villageois, homme et femme, sont maintenant les invités de l'association à Bindoula et non l'inverse uniquement.

 

Une formation d'une petite semaine dans la Case du Foyer des Femmes de Bignona est financée par nos actions à 4 femmes Sam-Sam accompagnées de Benjamin.

 

Le secret du savon est né puis le chef du village de Kabadio donne une place et un abri aux femmes pour la fabrication. Un principe important pour la relation IEFR / Kabadio va voir le jour : le séjour participatif.

 

De retour en France, Benjamin rentre avec 22kg de savon et le vend à l’entourage de l'association et au sein du lycée Claude Bernard de Villefranche où nous avons pu entrer. Cet argent sera remis au cours des prochains séjours aux femmes (microcrédit) mais surtout, les amis de IEFR, en échange de l'hospitalité de Kabadio, ramèneront systématiquement dans leur sac, du savon réalisé par eux avec les Sam-Sam. Bel échange et vues sur un système novateur de commerce équitable et respectueux du rythme de chacun.

 

C'est à partir de là que de nombreux jeunes amis de Villefranche et des environs ont pu rejoindre Kabadio et même y retourner régulièrement pour certains ! Notre place au lycée Claude Bernard et notre notoriété en calade nous ont aussi permis de conduire de nombreuses actions de soutien aux demandes des associations de Kabadio depuis la France. Des groupes de lycéens et d'étudiants partent ainsi régulièrement au village pour des projets précis.

 

Longue vie à IEFR pour des échanges justes et humains, dans l'Amour et la Paix !